mardi, juillet 12, 2005

Le comble du pathétique

Être obligée de prendre 3 Xanax pour parvenir à passer l'aspirateur sans que les larmes ne coulent...

Rien à voir avec la joie annoncée de demain. Vraiment rien.
Tout à voir avec les mêmes gestes, souvenirs blafards, d'il y a 2 ans 1/2.
Comme une cicatrice dont tu arraches la croûte sans même le faire exprès.
Et tu restes là, à regarder sourdre les perles de sang autour de la plaie béante qui n'attendait que le poison de la mémoire pour te ricaner au visage.
Ça n'est rien, ça n'est rien. Ça va passer. Il faut que ça passe.

Tu vas t'appuyer des paumes sur le carrelage, te redresser, te remettre debout et effacer du dos de la main la traînée rouge que tu sens poisser ce qui te sert de cerveau quand tu ne le liquéfies pas dans les vapeurs d'alcool.

Faire l'impasse.
Pair et passe.
Père qui passe.
Chagrin qui lasse.
Silence qui glace.

Ça va passer.
Il faut que ça passe.

Même pas mal...

Évidemment, quand on tombe sur ça alors quon devrait être au turbin depuis hier, qu'on a rien commencé de ce qu'on avait prévu de faire, qu'on se dit toutes les cinq minutes "Je m'y colle dans cinq minutes", ça devrait logiquement vous culpabiliser ou vous donner un coup de pied salutaire sur l'arrière-train... que nenni !
Un sourire, à peine...

J'ai toujours eu cette fâcheuse propension à attendre d'être au pied du mur pour réagir. Et ça ne fait qu'empirer avec le temps.
Désormais, il m'arrive même de laisser passer la limite du pied du mur, de me rouler en boule dans un coin, de faire l'autruche... et d'ajouter une couche de culpabilité au mille-feuilles compliqué façon Tour de Pise qu'est devenu ma "vie".
Pas cette fois-ci.

Cette fois-ci, ce sera panique à bord peut-être, Titanic sans Di Caprio, L'aventure du Poséidon sans la gîte, la Tour Infernale sans les retours de flamme... mais je ne laisserai pas passer la limite.
Je me demande même ce que je fais encore devant l'ordi au lieu de m'activer et, en dehors de la chaleur qui monte et du café que j'entend passer avec son gargouillis rassurant, je dois bien avouer que c'est de la pure mise en danger, doublée à la fois d'une espèce d'allégresse dont je n'ai guère l'habitude et d'une fébrilité un poil agaçante parce que, hein ! ho ! Faut pas pousser quand même ! J'attaque pas la face Nord de l'Eiger, non plus ! Il doit bien y avoir des limites à ma sociophobie et des pauses dans les panic attacks, non ?

Juste un essai de curiosité de l'autre sans me recroqueviller ou fuir.
Juste l'espoir d'une légèreté.
Juste une envie de rire devant un bon verre de Jurançon frais.
Juste plein de choses à écouter et peut-être autant à raconter...

Allez Psyché ! Remue-toi ! De toutes façons, tu ne peux plus reculer...

samedi, juillet 09, 2005

Schisme entre Britannia et America...

Lu ce matin à une heure d'intervalle...

Un Américain défend le droit de se saouler en privé devant un tribunal...
(lire la suite...)

Et...

Une proche de Tony Blair défend le fait de "travailler bourré"...
(lire la suite...)

Finalement, en dehors de la concomitance jubilatoire des deux infos, je me demande si les britishs ne sont pas plus proches des froggies que des ricains...

vendredi, juillet 08, 2005

Bombes d'hier et d'aujourd'hui

Bien sûr qu'il n'est pas question de minimiser quoi que ce soit ! Bien sûr !
Ce serait autant de mauvais goût qu'un Delanoë, qu'on a connu plus élégant, crachoter avec aigreur que si Paris a perdu c'est par excès de fair-play (du genre suivez mon regard vers les méchants brittons qui auraient donc excellé en coups bas et lobbying pas gentil ! Tu parles, Charles ! ).

N'empêche que c'est gênant cette couverture médiatique tout dans l'émotionnel, qui tient des heures et des heures d'antenne sans te donner plus d'infos qu'elle n'aurait pu le faire en 15 minutes, et qui s'appesantit sur les mêmes images en boucle d'ambulances jaune citron, de rues bloquées, de visages noircis, de micro-trottoirs qui ne t'apprennent strictement rien et qui cherchent juste à t'embarquer dans ce maelstrom de communion compassionnelle.
Désolée, je n'appelle pas ça de l'info.
Pas plus que ne l'étaient les images du 11/9/2001, comme des commémorations obligées à chaque anniversaire depuis...

Plusieurs choses : quand des bombes explosent à Casablanca ou en Turquie et à moins que ce ne soit des touristes occidentaux qui en soient les victimes, on en fait nettement moins...
Quand les morts sont australiens à Bali, anglais à Ankara, italiens à Casablanca, les télés ouvrent un oeil nettement plus attentif.
Un peu comme quand des tsunamis fauchent quelques centaines de vacanciers occidentaux et plusieurs centaines de milliers d'autochtones nettement moins intéressants.
Bah ! Rien de bien nouveau sous le soleil, me direz-vous !
Les soudanais, femmes, enfants, vieillards qui continuent à mourir en silence, par milliers, des années après, à cause de la destruction terroriste de la seule usine pharmaceutique de leur pays par les bombardiers de Clinton, on ne les a pas vu envahir nos petites lucarnes, n'est-ce-pas ?
Faut dire qu'il nous faudrait un petit effort d'imagination pour s'identifier à ces femmes noires en loques et ces gamins bronzés en haillons, crevant de paludisme et de tuberculose !
C'est tellement plus facile de se reconnaître dans la petite blonde australienne en pleurs sur le trottoir d'une discothèque, dans le pompier new-yorkais épuisé et ravagé, regard perdu sur des décombres fumantes, dans l'ouvrier hébété, noirci de suie, titubant hors d'une gare madrilène ou londonienne...
Parce que ce pourrait être nous. On a les mêmes vies, les mêmes préoccupations...
Alors que se reconnaître dans un pêcheur indonésien, un berger soudanais ou un vendeur de kebab turc, c'est déjà plus coton !

Et puis, il y a aussi cette mémoire sélective...
Les attentats d'Atocha ont certes été parmi les plus meurtriers en Europe occidentale.
Mais on oublie les attentats de Moscou...
Et on oublie aussi le carnage de la gare de Bologne en 1980, avec ses 85 morts et ses centaines de blessés.... il faut dire que là, c'était l'oeuvre de l'extrême-droite et de la loge P2... ne mélangeons pas les torchons et les serviettes...
Et n'allons surtout pas rappeler que la barbarie qui consiste à mépriser la vie humaine dans des attentats aveugles n'est pas l'apanage de nos nouveaux diables islamistes.

C'est vrai quoi ! Il paraît que c'est nous les gentils civilisés au mode de vie exemplaire et incontournable.
Et eux, les méchants barbus sortis du Moyen-Âge...
Eux et rien qu'eux...
N'allons surtout pas travailler les nuances de gris. C'est si confortable, le noir et blanc bien tranché...

Après les célébrations de la libération des camps et malgré tout le travail de pédagogie qui a été fait à cette occasion, j'ai bien l'impression que l'homo occidentalis a toujours autant la mémoire courte et l'indignation sélective.

jeudi, juillet 07, 2005

Méthode Coué et mon Trent de la morkitu©






Je sais...
C'est bateau....

Mais c'est pas pour moi, c'est pour un Pierrot qui en a besoin et qui n'y croit plus, le fou, qu'il en soit digne !

Il me fait rire, cet oiseau !

Genre, il est le parangon d'un max d'oiselles mais il n'y croit pas....

Tu vaux tellement mieux, petit Pierre, tellement mieux....

Je vais te coller le dernier Trent Reznor pour t'apprendre à douter de toi, nom de Zeus !




....

mercredi, juillet 06, 2005

Magdalena...



Je n'ai pas pu. Je le sentais dès le réveil.
Je l'avais écrit à Pierrot la Lune.

J'ai menti.

Psyché : Mes chéris, je suis désolée, j'ai une migraine à me taper la tête contre les murs, le bandana trempé de Synthol sur le front.... on remet ?
Mes chéris en choeur : Mais oui ma puce ! Soigne-toi surtout. Tu es sûre que tu n'as besoin de rien ?
Psyché : Non, non. Juste de temps... Et ce n'est que partie remise. Si Papa vient demain comme il l'avait prévu, je pense venir après-demain et on se le fera ce gâteau plein de bougies...
Mes chéris toujours en choeur : Ne tinquiète pas. On t'attend de pied ferme

En fait, c'est du faux, du fake, du paravent.
Petite migraine, certes mais rien de rhédibitoire ni qui te condamne à l'impotence totale.

C'est juste que je n'ai pas le courage.
C'est juste que tous les anxios du monde ne pourront calfeutrer mon angoisse.
C'est juste que j'ai trop peur de me retrouver le visage inondé de larmes et pas d'explications plausibles à de tels débordements que je leur masque désespéremment depuis des années.
C'est juste que je ne suis pas en état de le voir vouté et ralenti.
C'est juste que je ne suis pas capable d'accepter ce ton abattu, résigné, fataliste et morbide.
C'est juste que je sais que je ne pourrais jouer au blond ludion qui répare tout, qui illumine tout.
C'est juste que mon hologramme est de sortie, voire qu'il a pris la poudre d'escampette, et que ce sera moi, vraiment moi qui leur ferait face.
C'est juste que cette fille-là ne peut que les détruire.
C'est juste que Thanatos ne supporte plus Thanatos.

C'est juste que Thanatos hait Thanatos et qu'elle a perdu la trace d'Oneiros.

Panum et circenses

Pendant que le G5 cherche comment faire pour renvoyer à moindre coût les indésirables dans le caniveau de la misère qu'il a généré...
Pendant que l'ineffable Breton nous concocte une ordonnance sévère pour les miséreux feignasses qui ne veulent pas se lever le matin...
La beaufferie française a paraît-il les yeux fixés sur Singapour...

C'est vrai qu'octroyer des JO bouffés aux mites de la corruption, du dopage, de la mégalomanie orchestrée, à une ville qui n'a nul besoin d'infrastructures sportives supplémentaires, nul besoin d'un parc hôtelier pléthorique, et en faire payer la note aux bouseux qui n'ont pas de piscine municipale, pas de stade, pas d'équipement digne de ce nom, c'est le nec plus ultra, non ?
Donner les JO, même déconsidérés, à une ville africaine ou brésilienne, ça ne leur viendrait pas à l'idée, n'est-ce pas ?
Faut pas pousser, les pauvres !
Allez... soyez sages ! On vous promet qu'on fera 5 minutes de commentaires rigolards sur le perchiste pakistanais comme on le fait déjà sur le skieur nigérian qui descend en chasse-neige sous l'oeil goguenard des commentateurs sportifs...
Le Tiers-Monde, aux JO, c'est la cerise sur le gâteau, la blague improbable, le bêtisier à la Arthur, la minute d'hilarité condescendante...

A part ça, c'est l'anniversaire de ma Maman et je vais aller roter mon champagne avec mes deux tourtereaux en sarcasmant (je néologise quand je veux !) à qui-mieux-mieux sur la prétention parisianiste du nombril du monde qui sent de moins en moins la rose...

lundi, juillet 04, 2005

Reflet en miroir




Quelle étrange concordance !
Comme un rappel.
Quand j'ai découvert la trouvaille de LYSP *, j'ai immédiatement ressenti comme un écho.... mais je ne savais pas d'où il pouvait bien surgir.

J'ai cherché et cherché et encore cherché et j'ai fini par trouver dans l'album de photos de ma marraine, morte en 1970.
Je savais bien qu'il y avait un lien, même ténu.
Et c'était cette photo prise par mon père sur une plage d'Arcachon.
J'avais 4 ans 1/2.

A
la différence du cliché découvert par LYSP, il n'y a rien de posé.
Papa a juste eu le bon reflexe quand il a vu la perspective parfaite que ses trois rejetons formaient sans le savoir...
C'est un hasard total. Pas une pose. Pas une mise en scène...

Ma soeur aînée au fond, la chapeautée de 8 ans de moins absorbée dans je ne sais quoi, l'hilare petit dernier de 20 mois de moins que moi seul à percevoir l'indiscrétion de notre père...

M
ais pourquoi la photo trouvée de LYSP m'a-t'elle fait penser à celle-là, superbe dans son instantanéité ?

Je n'en sais rien...

Sauf que je sais que mon père avait toujours cet oeil acéré sur nous, cette attention, cette vigilance, cet amour...



EDIT * : le blog de LYSP a la particularité d'être.... incompréhensible en terme d'HTML !
On ne peut pas faire de trackback, on n'arrive pas à joindre les permaliens, les commentaires se retrouvent dans la colonne de gauche.... bref.... un joyeux foutoir !
Comme vous ne parviendrez pas à trouver le billet en question malgré le permalien que j'ai visé, retrouvez-vous sur son blog et sur le billet "La photo sans passé (sauvez-là)"... je ne peux pas faire mieux.
Mais vous pouvez lancer une pétition pour que LYSP rende enfin conforme son blog aux contraintes du WEB !

samedi, juillet 02, 2005

Heliocoeur is back and alive...

Divine surprise....
Un mail.
Il est là et il est vivant.
Pourtant, sans forfanterie aucune, je lui donnais une espérance de vie plus courte que la mienne...

Il écrit comme un démon.
Il écrit comme une météorite folle.
Il écrit quand ça lui chante et ce n'est pas la peine d'attendre votre billet journalier parce qu'il va où il veut...

Il y a longtemps, j'avais déjà dit à quel point il me manquait.
C'était là : Ne pas se tuer, se détruire...

En ces jours de doute, de balancement, d'hésitations, d'incertitude, de craintes aussi, il a réapparu comme un petit miracle.
Ça ne m'aide pas quant à ma décision finale mais ça console et... "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier"...

Welcome back my friend to the show that never ends...

PS : Et puis un type qui considère La Bostella d'Edouard Baer comme un des plus beaux moments de sa vie ne peut être foncièrement mauvais... non ?



Edit dans les vapeurs de houblon frais :
Shakedown 1979, cool kids never have the time
On a live wire right up off the street
You and I should meet
Junebug skipping like a stone
With the headlights pointed at the dawn
We were sure we’d never see an end to it all
And I don’t even care to shake these zipper blues
And we don’t know
Just where our bones will rest
To dust I guess
Forgotten and absorbed into the earth below
Double cross the vacant and the bored
They’re not sure just what we have in the store
Morphine city slippin dues down to see
That we don’t even care as restless as we are
We feel the pull in the land of a thousand guilts
And poured cement, lamented and assured
To the lights and towns below
Faster than the speed of sound
Faster than we thought we’d go, beneath the sound of hope
Justine never knew the rules,
Hung down with the freaks and the ghouls
No apologies ever need be made, I know you better than you fake it
To see that we don’t care to shake these zipper blues
And we don’t know just where our bones will rest
To dust I guess
Forgotten and absorbed into the earth below
The street heats the urgency of sound
As you can see there’s no one around

Smashing Pumpkins - 1979 - Mellon Collie and the Infinite Sadness


vendredi, juillet 01, 2005

Nausée après un précipité de rêves

Malaise parce qu'un grand gamin avec des étoiles plein les yeux a mordu dans une cerise empoisonnée et qu'il est là, genoux écorchés, et qu'on ne sait pas comment lui faire passer le mercurochrome.
Malaise parce qu'Anne, ma soeur Anne s'est pris une enclume sur la tête et qu'on est tellement habitués à ce qu'elle soit notre Fée Clochette que la moindre des fêlures, même légèrement esquissée, inquiète tout le monde.
Malaise parce que la louve que je suis a été débusquée, sa tanière violée, son donjon souillé, et qu'elle a passé toute la nuit l'index suspendu au-dessus de la touche "Entrée" et du bouton "Voulez-vous supprimer définitivement ce blog ?"

Comportement compulsif, habituel et itératif...
Non, je ne m'en excuserai pas.
Et oui, tout est encore possible.
Surtout le pire.
Ce n'était certainement pas la période où venir vitrioler mes plaies avec l'acide des morts antérieures.

Eloge de la Fuite.... n'est-ce-pas, Nouilles ?
Tu n'avais pas tort, mon Nico ! Il est déjà prêt, celui-là. Et depuis longtemps.

Mais je t'ai promis l'album de Juillet que tu souhaitais alors je tiens ma promesse avant de décider de ce que je vais faire.
J'ai renoncé à mon Prince des Ténèbres et à son dernier album : j'ai nommé Trent Reznor et le dernier opus de Nine Inch Nails, "With teeth", quoiqu'il m'en coûte diablement !
Rien ne vous empêche au demeurant de vous précipiter dessus et je sais bien qu'il n'a nul besoin de mon projecteur pour caracoler en tête des meilleurs albums de l'année...

Tu voulais Interpol ?
Tu as Interpol...



Antics ... second opus aussi bon que le premier ce qui présage bien de leur avenir.
Sombre, élégant, racé...
Tout est dit.