samedi, juillet 30, 2005

J'avais promis...



Alors voilà.
Pour avoir l'image intégrale, il suffit de cliquer dessus mais vous avez l'habitude.
C'est un montage de 7 photos distinctes bricolées comme je peux.
Et je peux peu.

Pour le reste, je crains fort que le billet suivant ne vous plaise guère et je me laisse donc le temps de le peser au trébuchet.
Mais je préfère vous prévenir à l'avance pour que vous vous fassiez à l'idée.

PS : ne gâchez pas vos vacances/soirées/pic-nics/éclatage de la table de jardin pour cause de Kamasutra torride (©m'x) pour autant... vivez puisque vous savez comment faire.
Ça ne vous concernera que par ricochet... et encore !


mercredi, juillet 20, 2005

Pas envie

Elles sont lavande.
Comme tous les soirs après quelques jours d'orage.
Elles sont lavande et à peine discernables sur un fond de ciel qui s'évanouit dans les mêmes tonalités.
Tout est assorti.
L'esprit, la teinte, la transparence, l'état de mon coeur.
Rien de solide, tout dans cette espèce d'état second ridicule et pitoyable.

Je les vois se perdre au fur et à mesure que j'écris.
Il me suffit de tourner la tête de quelques degrés vers la gauche.
A chaque fois que je fais ce mouvement, je constate une disparition, un affadissement.

A chaque fois.

A chaque fois, il y a quelque chose qui s'évanouit.
A chaque fois, il y a un ange qui cesse de battre des ailes.
A chaque fois, il y a l'image figée d'un autre lac, d'une autre ligne d'horizon, d'un autre pays.
A chaque fois, il y a un silence qui s'appesantit et prend toute sa place.
A chaque fois, il y a ce pays qui n'est qu'à moi, ce pays où rien n'existe, ce pays qui n'existe pas, ce pays qui brûle en permanence et dont nulle cendre n'est productive.

Je n'arrive même plus à écrire.
Tout ce qui sort de ce clavier me semble fade, déconstruit, inintéressant.

J'écrivais mieux "avant".... dans la douleur intense.
Depuis que je me "soigne", je suis devenue d'une banalité qui m'écoeure.

Ça y est.
Elles ont presque disparu.
Leur masse se noie quasiment dans la palette du ciel.
C'est quand que je me noie ?

mardi, juillet 19, 2005

Le Grand Bleu dans l'autre sens

J'ai finalement le "fin" mot de cette histoire de radio de Papa que sa très chère hypocondriaque de femme m'avait décrit comme "ultra-inquiétant que c'est la fin..."....
Je crois bien avoir d'ailleurs induit une belle partie de ping-pong engueulade dont eux seuls sont capables (c'est-à-dire tout dans le sous-entendu fielleux l'air de ne toucher à rien.... avec un net avantage à Maman, très douée pour jouer les innoçentes) pour m'être inquiétée à ce point.
En fait, on ne sait pas.... mais on sait que pour le moment, ce n'est pas grave...
Rien à voir avec le portrait que m'en avait tracé Maman, une heure après que j'ai remis le bassoniste dans son TGV, et donc dans un état de "descente aux enfers" qui n'avait rien à envier aux descentes de LSD.
Je sais.... vous êtes trop jeunes pour vous souvenir à quel point ce pouvait être long et pénible. Pour tout dire, je suis toujours dedans.
Aucune envie de remonter, au demeurant.

Donc.... l'addition n'est pas aussi corsée que ce que je le craignais... juste un petit temps d'élan supplémentaire avant que ça ne finisse par me tomber sur la nuque comme le monde sur Prométhée.

Je sais....
J'ai promis la suite des rapports d'activités.
A ce moment-là, j'étais dans un tel état d'euphorie par la grâce d'une forme d'ablation de la mémoire que ça me semblait incroyablement facile...
Aujourd'hui je sais que tout ce que je touche de bien, de bon, d'heureux, m'échappe comme l'eau d'un torrent vous coule sur des doigts tâchés de myrtilles...
Et je savais aussi que la seule façon de retrouver cette forme de jubilation serait de m'aérer la tête avec des adjuvants que la morale et la faculté réprouvent....
Le temps, de toutes manières, que j'arrive à concocter les panoramas que j'avais prévu, il se passera.... le temps qui se passera.

Ce qu'il y a de pénible avec l'alcool, c'est que ça tue votre mémoire immédiatement antérieure.
Ce qu'il y a de bien avec l'alcool, c'est que ça ne touche pas à vos souvenirs antérieurs pourvu qu'ils aient été pleinement vécus sans le secours des degrés morphiniques au rabais.

Je n'ai rien oublié de ces 4 jours.
Je pourrais les décrire minute par minute.
Et je le pourrai encore demain, dans 10 jours ou dans 10 mois.

Le tout, c'est de retrouver une verve légère qui colle avec des souvenirs heureux.
C'est ça, le plus dur...
L'impression que celle qui écrivait il y a 3 jours, éthérée de bonheur, s'est évanouie. Insupportable.
Elle n'est plus qu'un hologramme de plus. Une brume. Un nuage nauséabond.
Que l'Autre, l'abyssale, est de nouveau là, ricanante et défaitiste. Omniprésente.
La noire, la ténébreuse, la silencieuse.

En attendant, juste pour vous faire partager du sublime qui dure contrairement aux sentiments humains.... hors les miens (en tout cas jusqu'au prochain tremblement de terre...)



De toutes façons, tout le monde s'en fout, non ? Y'a qu'à voir....



dimanche, juillet 17, 2005

Interlude

Mahler/Visconti.... Visconti/Mahler....

La nuit dernière, j'ai découvert la première de Mahler, la "Titan", la sublime.
Je n'arrive toujours pas à comprendre comment, en exégète de Visconti que je suis, et donc comme adoratrice de ses thèmes qu'ils soient ceux de Thomas Mann, comme ceux de Malher ou de Wagner, j'ai pu passer à côté de ÇA.

Pour moi, Mahler, c'était "Mort à Venise", Dirk Bogarde et sa teinture pitoyable dégoulinant le long de ses tempes, son parcours dans une Venise funèbre, sa passion pour Tadzio, blond éphèbe lointain et innateignable.
Pour moi, c'était la 5ème et la 7ème.

Depuis cette nuit, sous les étoiles du Sud profond et océanique, c'est la 1ère; MA "Titan".
Et c'est une magie équivalente au Liebestod de Wagner dans le "Tristan und Isolde"....
Le genre de morceau où on se colle comme la peau se colle à un morceau de glace.

A la fois monstrueusement humain et humainement monstrueux.
Il vous FAUT écouter "Titan" dans un état de quasi épuisement.... je vous jure ! C'est énorme !

Le rapport entre un récit romantique allemand, le "Frère Jacques", des grillades de cochons où tout est bon selon Sainte Bénédicte des ânes qui ne mordent pas jusqu'à l'os", des ânes qui bréent quand tu t'approches, des enfants qui jouent, du bon vin, des étoiles à profusion, des kilomètres avalés sans problème entre tournesols et maïs du moment que tu sifflotes sur un concerto de Mozart, des magrets de canard, des foies gras frais, des Madirans, des Jurançons, des chèvres ou brebis chauds, des terrines, des lacs monstrueux de limpidité, des cheminées volcaniques dont les coulées basaltiques vous font frissonner ? Aucun.... ben voyons...

J
uste à cet instant... la parodie de Frère Jacques de Mahler... je vous laisse jusqu'à ce que je sois autre chose qu'un zombie ou une sylphide cultivant ses rêves de mort...

Et pour vous faire patienter, vous nous imaginez avec le rosé frais et le poulet basquaise devant ÇA au pied du Géant de Pierre (c'est pas de moi, c'est de Victor Hugo....)...


Rapport d'activités, le retour de la vengeance...

Eh ben non ! Fake ! Chausse-trappe ! Blague ! Foutage de gueule !

Primo parce qu'on vient de se faire 350 bornes dans la journée et qu'on rentre tout juste.

Secundo, parce qu'on sort d'un repas champêtre/barbecue/n'importnawak grandiose sous les étoiles du fin fond du Gers à la limite du Lot-et-Garonne avec des vrais gens que j'en ai encore les mirettes qui font tilt jusqu'à virer au phosphorescent, et qu'on a quand même réussi à rentrer malgré les blancs, les rosés, les rouges et j'en passe... (faut dire que le co-pilote était hors pair !).

Tertio, parce que hier, c'était crapahutage et dénivelé et que j'ai plus de hanches parce qu'un fourbe ânier de ma connaissance m'a ainsi rappelé sans aucune charité que j'étais bien une blondasse vieillasse feignasse suicidasse (le suicidasse, c'était au 10ème lacet en épingle à cheveux pour parvenir au pied du Pic du Midi d'Ossau ! J'aurais prié pour qu'un viandard de Chasse, Pêche, Nature et Tradition vienne m'achever d'un coup de carabine !).

Quarto, parce qu'on a fait tellement de photos qu'on n'a que demain pour mettre tout ça en ordre et reconstituer nos tentatives de panoramas...

Cinquo (je me fous que ça n'existe pas.... j'invente quand je veux !) parce que je vous ferai des rapports d'activités a posteriori mais écrits "à froid" (mwarf ! "A froid"... j'ai comme l'impression que je suis tout sauf crédible, là !), avec photos descriptives pour vous faire râler.
N'ayant aucun problème de mémoire et, surtout, ne l'ayant guère encombrée depuis 2 ans 1/2, je ne crains nullement d'oublier ne serait-ce qu'un quart de millionième de seconde de tout ce qui pourra être racontable !

Et puis, il y a en a certains, ici, que j'ai trop envie de faire baver avec les descriptions de menus et de denrées ultra-caloriques parce que gastronomiques et que "t'as rien sans rien, ma brave dame !"...

Donc...
Vous attendrez que la machine refroidisse après avoir thésaurisé et qu'elle vous recrache une analyse rationnelle (re-mwarf !) de trucs parfaitement incongrus autant qu'inattendus...

Si elle n'est pas douée pour le cliffhanger de la morkitu© la Psyché, c'est qu'elle n'est douée pour rien de rien...

vendredi, juillet 15, 2005

Rapport d'activité

Résumé des courses à ce jour (et réponses individuelles quand j'aurai le temps)...

Hier : salade, gésiers de canard confit, pignons de pains, chèvre frais grillé sur toast, foie gras frais frit dans la graisse des gésiers, oeuf dur coupé en quartiers, le tout arrosé de vinaigre de framboise, d'un filet d'huile d'olive pimentée, de piment d'Espelette et de fleur de sel de Guérande.... c'est pas compliqué.... on a fait l'impasse sur la tarte périgourdine et on est passé directement au brebis fermier d'Ossau Iraty avec sa confiture de cerises noires sur pain au noix.... là-dessus, un Madiran de derrière les fagots.... ça nous amène avec la conversation qui va avec et la chaleur dantesque qui sévit à Pau comme jamais depuis le début de l'été, la douche froide et le dodo à deux heures du mat.

Matin... réveil à 11 heures et il fait déjà 30°.... pétard....
En face, ça carbure qu'au thé, de mon côté, ça ingurgite les litres habituels de café...
Musique à foison, puis étalés sur le lit pour se gondoler à écouter Chirac.... ça a fusé dans tous les sens et on a décidé que notre mot de ralliement des scouts de la morkitu© du week-end prolongé serait "psychologiquement"... Depuis on compte les points comme des mômes, et je m'éclate à voir le Pierrot râler parce que je l'ai doublé sur le "psychologiquement" en le plaçant dans une phrase clé de la conversation... "Zut ! Tu m'as doublée ! T'as un point d'avance là !"... Mwarf.... Je sens bien l'antienne pour les jours à venir.

Pique nique sur le pouce avec Madiran sur terrine de sanglier et terrine de canard et quelques fromages sympatiques...
A 4 heures.... allez ! On se bouge et vas-y donc deux heures de crapahutage à fond les ballons avec Psyché en guide archi-nulle qui ne connaît même plus sa ville depuis 10 ans vu qu'elle ne sort plus de sa chambre....
Ça donnait donc : "Oh ben merde ! Il n'y était pas ce resto ! Oh ben zut ! Elle est en sens interdit cette rue ! Oh ben crotte, il l'ont démoli cet immeuble ?"... dans le genre ubuesque matiné de Monthy Pythonesque, on doit pas faire beaucoup mieux...
Il n'y avait qu'au niveau historique et géographique sur le chaîne des Pyrénées ou le chateau d'Henri IV, le Festival de théâtre de Roger Hanin, Gaston Phoebus, Sully et le général Bernadotte que j'assurais tant bien que mal... Plus les explications imagées de la vie politique de ma riante cité !
Genre : "Tas vu le Parlement de Navarre, ancien siège du conseil général du département, pétri de clacissisme de bon aloi, ben regarde en bas maintenant et mate le nouveau Conseil Général que Bayrou nous a construit ..... Vi, vi.... le gros cube de verre et métal en bas.... quoi Beurk ?..."
Bref.... on a bien rigolé quand même... et je dirais même que la Cannes du Sud-Ouest lui en a bouché un petit coin...

Retour. 2 kilos de perdu à marcher sous cette chaleur urbaine démentielle même si ma ville est une des plus arborées de France !
On se jette sur les bières glacées du bac à légumes. Normal...
Et qu'on papote, repapote, qu'on se saoule de mots comme seuls deux silencieux discrets peuvent le faire.... et cerise sur le gâteau ! CONCERT DE BASSON POUR MOI TOUTE SEULE !
Je vous jure ! Mozart, Vivaldi, Prokofiev....
La Psyché accrochée à ses coussins en soie sauvage noire, position foetus dans la loveuse ou koala accroché à son bambou suivant le degré de ridicule qui vous agrée, et qui se retient à mort d'applaudir et de hululer "ENCOOOOOOORE" à la fin, des fois qu'elle serait à deux doigts du fanclub à la M6...

Bougies bleues et Petrucciani ou Renaud Garcia-Fons sur la chaîne.... on se laisse vivre... jusqu'au monstrueux wok de gambas grillées au basilic, arrosées d'un Gewurtz bien frisquet...
Toujours aussi chaud dehors...
Feu d'artifice avorté (on cherchera les explications demain si on en a le temps... et puis on s'en fout, en fait !)
Et qu'on papote et repapote.... et que je n'arrive pas à juguler cette volubilité incongrue, vraissemblablement due au fait que j'ai trop peur que mon silence naturel ne gêne ou ne dérange ou ne mette mal à l'aise...
Mais c'est physiquement ardu au point que j'en suis au point de prendre deux paquets d'Aspegic 1000 par jour pour conjurer les courbatures que ça induit... Rigolez pas ! Véridique....
Pourtant il suffirait que je me taise ! C'est mon emploi, merde !
Ben non.... là, j'ai trop peur de me taire.... je me dis que ce serait une faute. Une faute de ce que vous voulez, faute de goût, faute de tempo, faute de.... je ne sais pas trop.... je me noie tellement dans les mots que je ne sais même plus pourquoi sauf que c'est comme une protection dérisoire...

Plan de bataille pour le lendemain élaboré à 2 heures du mat (on va finir par devenir casaniers dans les heures !)... Montagne ? Piémont ? Facile ? Un poil plus haletant ?
Ben on sait pas. Tout ce qu'on sait c'est qu'on met le réveil à 9 heures, qu'on lance un poulet à cuire dans la nuit pour avoir de quoi tenir le coup où qu'on aille....
Donc, demain, ce sera ou le lac de Bious-Artigues et le pic du Midi d'Ossau qui te tombe sur les pieds, ou Suyen et ses rives de pins à crochets et ses couleurs pastels, ou le lac de Gaube histoire de déclamer du Victor Hugo sous le Vignemale....
Et si on rentre pas trop tard, on se tape le concert gratos de El Mellino (deux ex des Négresses Vertes) suivi de Juliette au Théâtre de Verdure (amphi taillé dans le roc en pleine nature sous les arbres centenaires du plus grand parc de Pau (je lui ai déjà montré les lieux et il a visiblement apprécié !)... J'en suis à me demander si je ne vais pas complétement détruire son horloge biologique, à l'ânier ! Du genre je lui fais ses magrets grillés sauce morille APRES, vers minuit et quelques...

Voilà....

N'empêche que c'est la première fois depuis 2 ans 1/2 que je rencontre un autre humain qui sache vraiment qui je suis.
Que ça fait bizarre de ne pas jouer la comédie.
Que je compense avec cette volubilité qui m'épuise physiquement (ce qu'il a remarqué et ce dont on a discuté parce qu'il est très subtil, le zouave !) de peur de faire peur avec mon silence tellement coutumier et dérangeant...
Je suis crevée. Archi crevée.
Mais ça va.
Tiens ? Je me demande si lui non plus n'est pas crevé.... je lui demande demain... devant un chouette lac tout frais couleur des yeux de Mel Gibson, le rosé attaché à une ficelle dans l'eau glacée, pendant que je découperai le poulet froid... je sens qu'il va encore se foutre de ma binette mais ça n'est pas grave...

Vous savez que c'est dur de rencontrer des vrais gens en étant un "vrai gens" soi-même, sans rien camoufler, en sachant très très bien que l'autre en face sait pertinemment bien à quel point vous êtes une merde détruite ou auto-détruite ?
Et qu'à chaque fois que vos démons vous attirent, il vous faut faire un sursaut incroyable d'effort pour retrouver cette légèreté qui adoucit tout ?
Mais sans jouer la comédie pour autant ?

J
e suis en train de me faire mes jeux olympiques perso, l'air de rien.

PS : Vous avez vu l'heure ????
Je vais être méchamment à la rue demain...
Autant vous dire qu'on ne va pas se chercher un dénivelé furieux....
Allez.... au plume !

mercredi, juillet 13, 2005

Right here, right now...

Ou comment rebondir sans s'écraser...

Un truc souverain : se foutre pour une fois de la mauvaise humeur prévisible des voisins (de toutes façons se foutre de gros beaufs qui écoutent Lorie et Jean-Pascal, c'est la base essentielle), et lancer Fat Boy Slim à fond avec juste assez de lumière tamisée par les canisses, lances dorées qui balayent le carrelage sans vous transpercer le coeur.

Se dire que rien n'est sérieux si tout est grave.
Que Life is hard and then you die so make my day, punk !

Allez... j'essaie... mais je ne garantis rien : prototype aléatoire.



mardi, juillet 12, 2005

Le comble du pathétique

Être obligée de prendre 3 Xanax pour parvenir à passer l'aspirateur sans que les larmes ne coulent...

Rien à voir avec la joie annoncée de demain. Vraiment rien.
Tout à voir avec les mêmes gestes, souvenirs blafards, d'il y a 2 ans 1/2.
Comme une cicatrice dont tu arraches la croûte sans même le faire exprès.
Et tu restes là, à regarder sourdre les perles de sang autour de la plaie béante qui n'attendait que le poison de la mémoire pour te ricaner au visage.
Ça n'est rien, ça n'est rien. Ça va passer. Il faut que ça passe.

Tu vas t'appuyer des paumes sur le carrelage, te redresser, te remettre debout et effacer du dos de la main la traînée rouge que tu sens poisser ce qui te sert de cerveau quand tu ne le liquéfies pas dans les vapeurs d'alcool.

Faire l'impasse.
Pair et passe.
Père qui passe.
Chagrin qui lasse.
Silence qui glace.

Ça va passer.
Il faut que ça passe.

Même pas mal...

Évidemment, quand on tombe sur ça alors quon devrait être au turbin depuis hier, qu'on a rien commencé de ce qu'on avait prévu de faire, qu'on se dit toutes les cinq minutes "Je m'y colle dans cinq minutes", ça devrait logiquement vous culpabiliser ou vous donner un coup de pied salutaire sur l'arrière-train... que nenni !
Un sourire, à peine...

J'ai toujours eu cette fâcheuse propension à attendre d'être au pied du mur pour réagir. Et ça ne fait qu'empirer avec le temps.
Désormais, il m'arrive même de laisser passer la limite du pied du mur, de me rouler en boule dans un coin, de faire l'autruche... et d'ajouter une couche de culpabilité au mille-feuilles compliqué façon Tour de Pise qu'est devenu ma "vie".
Pas cette fois-ci.

Cette fois-ci, ce sera panique à bord peut-être, Titanic sans Di Caprio, L'aventure du Poséidon sans la gîte, la Tour Infernale sans les retours de flamme... mais je ne laisserai pas passer la limite.
Je me demande même ce que je fais encore devant l'ordi au lieu de m'activer et, en dehors de la chaleur qui monte et du café que j'entend passer avec son gargouillis rassurant, je dois bien avouer que c'est de la pure mise en danger, doublée à la fois d'une espèce d'allégresse dont je n'ai guère l'habitude et d'une fébrilité un poil agaçante parce que, hein ! ho ! Faut pas pousser quand même ! J'attaque pas la face Nord de l'Eiger, non plus ! Il doit bien y avoir des limites à ma sociophobie et des pauses dans les panic attacks, non ?

Juste un essai de curiosité de l'autre sans me recroqueviller ou fuir.
Juste l'espoir d'une légèreté.
Juste une envie de rire devant un bon verre de Jurançon frais.
Juste plein de choses à écouter et peut-être autant à raconter...

Allez Psyché ! Remue-toi ! De toutes façons, tu ne peux plus reculer...

samedi, juillet 09, 2005

Schisme entre Britannia et America...

Lu ce matin à une heure d'intervalle...

Un Américain défend le droit de se saouler en privé devant un tribunal...
(lire la suite...)

Et...

Une proche de Tony Blair défend le fait de "travailler bourré"...
(lire la suite...)

Finalement, en dehors de la concomitance jubilatoire des deux infos, je me demande si les britishs ne sont pas plus proches des froggies que des ricains...

vendredi, juillet 08, 2005

Bombes d'hier et d'aujourd'hui

Bien sûr qu'il n'est pas question de minimiser quoi que ce soit ! Bien sûr !
Ce serait autant de mauvais goût qu'un Delanoë, qu'on a connu plus élégant, crachoter avec aigreur que si Paris a perdu c'est par excès de fair-play (du genre suivez mon regard vers les méchants brittons qui auraient donc excellé en coups bas et lobbying pas gentil ! Tu parles, Charles ! ).

N'empêche que c'est gênant cette couverture médiatique tout dans l'émotionnel, qui tient des heures et des heures d'antenne sans te donner plus d'infos qu'elle n'aurait pu le faire en 15 minutes, et qui s'appesantit sur les mêmes images en boucle d'ambulances jaune citron, de rues bloquées, de visages noircis, de micro-trottoirs qui ne t'apprennent strictement rien et qui cherchent juste à t'embarquer dans ce maelstrom de communion compassionnelle.
Désolée, je n'appelle pas ça de l'info.
Pas plus que ne l'étaient les images du 11/9/2001, comme des commémorations obligées à chaque anniversaire depuis...

Plusieurs choses : quand des bombes explosent à Casablanca ou en Turquie et à moins que ce ne soit des touristes occidentaux qui en soient les victimes, on en fait nettement moins...
Quand les morts sont australiens à Bali, anglais à Ankara, italiens à Casablanca, les télés ouvrent un oeil nettement plus attentif.
Un peu comme quand des tsunamis fauchent quelques centaines de vacanciers occidentaux et plusieurs centaines de milliers d'autochtones nettement moins intéressants.
Bah ! Rien de bien nouveau sous le soleil, me direz-vous !
Les soudanais, femmes, enfants, vieillards qui continuent à mourir en silence, par milliers, des années après, à cause de la destruction terroriste de la seule usine pharmaceutique de leur pays par les bombardiers de Clinton, on ne les a pas vu envahir nos petites lucarnes, n'est-ce-pas ?
Faut dire qu'il nous faudrait un petit effort d'imagination pour s'identifier à ces femmes noires en loques et ces gamins bronzés en haillons, crevant de paludisme et de tuberculose !
C'est tellement plus facile de se reconnaître dans la petite blonde australienne en pleurs sur le trottoir d'une discothèque, dans le pompier new-yorkais épuisé et ravagé, regard perdu sur des décombres fumantes, dans l'ouvrier hébété, noirci de suie, titubant hors d'une gare madrilène ou londonienne...
Parce que ce pourrait être nous. On a les mêmes vies, les mêmes préoccupations...
Alors que se reconnaître dans un pêcheur indonésien, un berger soudanais ou un vendeur de kebab turc, c'est déjà plus coton !

Et puis, il y a aussi cette mémoire sélective...
Les attentats d'Atocha ont certes été parmi les plus meurtriers en Europe occidentale.
Mais on oublie les attentats de Moscou...
Et on oublie aussi le carnage de la gare de Bologne en 1980, avec ses 85 morts et ses centaines de blessés.... il faut dire que là, c'était l'oeuvre de l'extrême-droite et de la loge P2... ne mélangeons pas les torchons et les serviettes...
Et n'allons surtout pas rappeler que la barbarie qui consiste à mépriser la vie humaine dans des attentats aveugles n'est pas l'apanage de nos nouveaux diables islamistes.

C'est vrai quoi ! Il paraît que c'est nous les gentils civilisés au mode de vie exemplaire et incontournable.
Et eux, les méchants barbus sortis du Moyen-Âge...
Eux et rien qu'eux...
N'allons surtout pas travailler les nuances de gris. C'est si confortable, le noir et blanc bien tranché...

Après les célébrations de la libération des camps et malgré tout le travail de pédagogie qui a été fait à cette occasion, j'ai bien l'impression que l'homo occidentalis a toujours autant la mémoire courte et l'indignation sélective.

jeudi, juillet 07, 2005

Méthode Coué et mon Trent de la morkitu©






Je sais...
C'est bateau....

Mais c'est pas pour moi, c'est pour un Pierrot qui en a besoin et qui n'y croit plus, le fou, qu'il en soit digne !

Il me fait rire, cet oiseau !

Genre, il est le parangon d'un max d'oiselles mais il n'y croit pas....

Tu vaux tellement mieux, petit Pierre, tellement mieux....

Je vais te coller le dernier Trent Reznor pour t'apprendre à douter de toi, nom de Zeus !




....

mercredi, juillet 06, 2005

Magdalena...



Je n'ai pas pu. Je le sentais dès le réveil.
Je l'avais écrit à Pierrot la Lune.

J'ai menti.

Psyché : Mes chéris, je suis désolée, j'ai une migraine à me taper la tête contre les murs, le bandana trempé de Synthol sur le front.... on remet ?
Mes chéris en choeur : Mais oui ma puce ! Soigne-toi surtout. Tu es sûre que tu n'as besoin de rien ?
Psyché : Non, non. Juste de temps... Et ce n'est que partie remise. Si Papa vient demain comme il l'avait prévu, je pense venir après-demain et on se le fera ce gâteau plein de bougies...
Mes chéris toujours en choeur : Ne tinquiète pas. On t'attend de pied ferme

En fait, c'est du faux, du fake, du paravent.
Petite migraine, certes mais rien de rhédibitoire ni qui te condamne à l'impotence totale.

C'est juste que je n'ai pas le courage.
C'est juste que tous les anxios du monde ne pourront calfeutrer mon angoisse.
C'est juste que j'ai trop peur de me retrouver le visage inondé de larmes et pas d'explications plausibles à de tels débordements que je leur masque désespéremment depuis des années.
C'est juste que je ne suis pas en état de le voir vouté et ralenti.
C'est juste que je ne suis pas capable d'accepter ce ton abattu, résigné, fataliste et morbide.
C'est juste que je sais que je ne pourrais jouer au blond ludion qui répare tout, qui illumine tout.
C'est juste que mon hologramme est de sortie, voire qu'il a pris la poudre d'escampette, et que ce sera moi, vraiment moi qui leur ferait face.
C'est juste que cette fille-là ne peut que les détruire.
C'est juste que Thanatos ne supporte plus Thanatos.

C'est juste que Thanatos hait Thanatos et qu'elle a perdu la trace d'Oneiros.

Panum et circenses

Pendant que le G5 cherche comment faire pour renvoyer à moindre coût les indésirables dans le caniveau de la misère qu'il a généré...
Pendant que l'ineffable Breton nous concocte une ordonnance sévère pour les miséreux feignasses qui ne veulent pas se lever le matin...
La beaufferie française a paraît-il les yeux fixés sur Singapour...

C'est vrai qu'octroyer des JO bouffés aux mites de la corruption, du dopage, de la mégalomanie orchestrée, à une ville qui n'a nul besoin d'infrastructures sportives supplémentaires, nul besoin d'un parc hôtelier pléthorique, et en faire payer la note aux bouseux qui n'ont pas de piscine municipale, pas de stade, pas d'équipement digne de ce nom, c'est le nec plus ultra, non ?
Donner les JO, même déconsidérés, à une ville africaine ou brésilienne, ça ne leur viendrait pas à l'idée, n'est-ce pas ?
Faut pas pousser, les pauvres !
Allez... soyez sages ! On vous promet qu'on fera 5 minutes de commentaires rigolards sur le perchiste pakistanais comme on le fait déjà sur le skieur nigérian qui descend en chasse-neige sous l'oeil goguenard des commentateurs sportifs...
Le Tiers-Monde, aux JO, c'est la cerise sur le gâteau, la blague improbable, le bêtisier à la Arthur, la minute d'hilarité condescendante...

A part ça, c'est l'anniversaire de ma Maman et je vais aller roter mon champagne avec mes deux tourtereaux en sarcasmant (je néologise quand je veux !) à qui-mieux-mieux sur la prétention parisianiste du nombril du monde qui sent de moins en moins la rose...

lundi, juillet 04, 2005

Reflet en miroir




Quelle étrange concordance !
Comme un rappel.
Quand j'ai découvert la trouvaille de LYSP *, j'ai immédiatement ressenti comme un écho.... mais je ne savais pas d'où il pouvait bien surgir.

J'ai cherché et cherché et encore cherché et j'ai fini par trouver dans l'album de photos de ma marraine, morte en 1970.
Je savais bien qu'il y avait un lien, même ténu.
Et c'était cette photo prise par mon père sur une plage d'Arcachon.
J'avais 4 ans 1/2.

A
la différence du cliché découvert par LYSP, il n'y a rien de posé.
Papa a juste eu le bon reflexe quand il a vu la perspective parfaite que ses trois rejetons formaient sans le savoir...
C'est un hasard total. Pas une pose. Pas une mise en scène...

Ma soeur aînée au fond, la chapeautée de 8 ans de moins absorbée dans je ne sais quoi, l'hilare petit dernier de 20 mois de moins que moi seul à percevoir l'indiscrétion de notre père...

M
ais pourquoi la photo trouvée de LYSP m'a-t'elle fait penser à celle-là, superbe dans son instantanéité ?

Je n'en sais rien...

Sauf que je sais que mon père avait toujours cet oeil acéré sur nous, cette attention, cette vigilance, cet amour...



EDIT * : le blog de LYSP a la particularité d'être.... incompréhensible en terme d'HTML !
On ne peut pas faire de trackback, on n'arrive pas à joindre les permaliens, les commentaires se retrouvent dans la colonne de gauche.... bref.... un joyeux foutoir !
Comme vous ne parviendrez pas à trouver le billet en question malgré le permalien que j'ai visé, retrouvez-vous sur son blog et sur le billet "La photo sans passé (sauvez-là)"... je ne peux pas faire mieux.
Mais vous pouvez lancer une pétition pour que LYSP rende enfin conforme son blog aux contraintes du WEB !

samedi, juillet 02, 2005

Heliocoeur is back and alive...

Divine surprise....
Un mail.
Il est là et il est vivant.
Pourtant, sans forfanterie aucune, je lui donnais une espérance de vie plus courte que la mienne...

Il écrit comme un démon.
Il écrit comme une météorite folle.
Il écrit quand ça lui chante et ce n'est pas la peine d'attendre votre billet journalier parce qu'il va où il veut...

Il y a longtemps, j'avais déjà dit à quel point il me manquait.
C'était là : Ne pas se tuer, se détruire...

En ces jours de doute, de balancement, d'hésitations, d'incertitude, de craintes aussi, il a réapparu comme un petit miracle.
Ça ne m'aide pas quant à ma décision finale mais ça console et... "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier"...

Welcome back my friend to the show that never ends...

PS : Et puis un type qui considère La Bostella d'Edouard Baer comme un des plus beaux moments de sa vie ne peut être foncièrement mauvais... non ?



Edit dans les vapeurs de houblon frais :
Shakedown 1979, cool kids never have the time
On a live wire right up off the street
You and I should meet
Junebug skipping like a stone
With the headlights pointed at the dawn
We were sure we’d never see an end to it all
And I don’t even care to shake these zipper blues
And we don’t know
Just where our bones will rest
To dust I guess
Forgotten and absorbed into the earth below
Double cross the vacant and the bored
They’re not sure just what we have in the store
Morphine city slippin dues down to see
That we don’t even care as restless as we are
We feel the pull in the land of a thousand guilts
And poured cement, lamented and assured
To the lights and towns below
Faster than the speed of sound
Faster than we thought we’d go, beneath the sound of hope
Justine never knew the rules,
Hung down with the freaks and the ghouls
No apologies ever need be made, I know you better than you fake it
To see that we don’t care to shake these zipper blues
And we don’t know just where our bones will rest
To dust I guess
Forgotten and absorbed into the earth below
The street heats the urgency of sound
As you can see there’s no one around

Smashing Pumpkins - 1979 - Mellon Collie and the Infinite Sadness


vendredi, juillet 01, 2005

Nausée après un précipité de rêves

Malaise parce qu'un grand gamin avec des étoiles plein les yeux a mordu dans une cerise empoisonnée et qu'il est là, genoux écorchés, et qu'on ne sait pas comment lui faire passer le mercurochrome.
Malaise parce qu'Anne, ma soeur Anne s'est pris une enclume sur la tête et qu'on est tellement habitués à ce qu'elle soit notre Fée Clochette que la moindre des fêlures, même légèrement esquissée, inquiète tout le monde.
Malaise parce que la louve que je suis a été débusquée, sa tanière violée, son donjon souillé, et qu'elle a passé toute la nuit l'index suspendu au-dessus de la touche "Entrée" et du bouton "Voulez-vous supprimer définitivement ce blog ?"

Comportement compulsif, habituel et itératif...
Non, je ne m'en excuserai pas.
Et oui, tout est encore possible.
Surtout le pire.
Ce n'était certainement pas la période où venir vitrioler mes plaies avec l'acide des morts antérieures.

Eloge de la Fuite.... n'est-ce-pas, Nouilles ?
Tu n'avais pas tort, mon Nico ! Il est déjà prêt, celui-là. Et depuis longtemps.

Mais je t'ai promis l'album de Juillet que tu souhaitais alors je tiens ma promesse avant de décider de ce que je vais faire.
J'ai renoncé à mon Prince des Ténèbres et à son dernier album : j'ai nommé Trent Reznor et le dernier opus de Nine Inch Nails, "With teeth", quoiqu'il m'en coûte diablement !
Rien ne vous empêche au demeurant de vous précipiter dessus et je sais bien qu'il n'a nul besoin de mon projecteur pour caracoler en tête des meilleurs albums de l'année...

Tu voulais Interpol ?
Tu as Interpol...



Antics ... second opus aussi bon que le premier ce qui présage bien de leur avenir.
Sombre, élégant, racé...
Tout est dit.